
Septembre 2026
L’Essentiel de l’épargne et des marchés
Ce qu’il faut retenir
du mois de septembre
Temps de lecture : 8 min
Marchés, assurance-vie, retraite et transmission : les repères utiles pour votre épargne.
Une économie résistante, mais sous tension
Septembre rappelle que la solidité des entreprises ne suffit pas à dissiper les incertitudes. Les tensions au Moyen-Orient entretiennent les pressions sur l’énergie et compliquent le retour à une inflation durablement maîtrisée.
Les banques centrales ont réagi : la BCE a relevé ses taux de 0,25 point le 10 septembre, puis la Réserve fédérale américaine a annoncé une hausse équivalente le 16 septembre. Le crédit peut ainsi devenir plus coûteux pour les ménages et les entreprises, ce qui freine la consommation et l’investissement.
Dans le même temps, les résultats des entreprises et les investissements dans l’intelligence artificielle continuent de soutenir les actions. Cette coexistence explique un marché parfois déroutant : des perspectives de croissance encourageantes, mais une forte sensibilité aux nouvelles économiques et géopolitiques.
Votre épargne progresse-t-elle vraiment ?
Selon l’estimation provisoire publiée par l’Insee le 30 septembre, les prix à la consommation auraient augmenté de 3 % sur un an en France, après 2,4 % en août. L’énergie contribue à cette accélération. Ces chiffres restent provisoires, dans l’attente des résultats définitifs.
Pour votre épargne, le rendement affiché ne suffit donc pas : il faut aussi regarder ce qu’il reste après les frais, la fiscalité et l’inflation.
Un exemple simple : avec un rendement net de 2 % et une inflation de 3 %, votre capital augmente en euros, mais son pouvoir d’achat diminue légèrement. À l’inverse, rechercher un rendement supérieur implique généralement d’accepter davantage de risque ou une durée de placement plus longue.
Les chiffres à retenir
Marchés actions : faut-il investir lorsque les niveaux sont élevés ?
Les résultats des entreprises et les perspectives liées à l’IA expliquent une partie de la résistance des marchés. Cependant, toutes les entreprises ne profitent pas de cette dynamique de la même manière.
L’intérêt des actions est de participer à la croissance des entreprises sur la durée. Attendre systématiquement une correction peut faire manquer une poursuite de la hausse.
Le point de vigilance est le prix payé pour cette croissance : lorsque les attentes sont fortes, une déception sur les bénéfices ou une remontée des taux peut provoquer un recul. Plusieurs fonds peuvent aussi détenir les mêmes grandes valeurs et concentrer davantage votre épargne que vous ne le pensez.
Pourquoi la hausse des taux change-t-elle vos placements ?
Une hausse des taux peut avoir des effets différents selon les supports.
- Les crédits : les nouveaux emprunts et ceux à taux variable peuvent devenir plus coûteux. Un prêt déjà souscrit à taux fixe conserve son taux.
- Les obligations : si une nouvelle obligation offre un intérêt plus élevé, une ancienne obligation moins rémunératrice peut perdre de la valeur. Un fonds obligataire peut donc reculer tout en percevant des intérêts.
- Les nouveaux placements : certains supports monétaires ou obligataires peuvent proposer des rendements plus attractifs. Leur intérêt dépend aussi des frais, du risque et de la durée de placement.
- Le fonds en euros : son rendement ne suit pas immédiatement les décisions de la BCE. Il dépend notamment du portefeuille et de la politique de l’assureur.
Pourquoi une baisse de notation concerne-t-elle votre épargne ?
Le 18 septembre, l’agence Scope a abaissé la note de la France de AA− à A+, avec une perspective stable. Elle souligne notamment la dégradation des finances publiques et le poids croissant de la dette.
Une notation exprime l’appréciation d’une agence sur la capacité d’un emprunteur à honorer ses engagements. Cette décision peut influencer les exigences des investisseurs lorsqu’ils financent l’État. Elle ne détermine toutefois pas, à elle seule, le niveau des taux : l’inflation, les décisions des banques centrales et la demande d’obligations jouent également un rôle.
Pour vos placements : les fonds obligataires et les fonds en euros peuvent détenir de la dette publique. Une variation des taux peut modifier la valeur de ces obligations, sans entraîner mécaniquement la même variation sur tous les contrats.
Regarder au-delà du rendement distribué
La rentrée confirme l’intérêt d’une analyse sélective de l’immobilier. Les dernières données sectorielles disponibles portent sur le premier semestre 2026, et non sur le seul mois de septembre.
Selon l’ASPIM et l’IEIF, les SCPI ont enregistré 2,7 milliards d’euros de collecte brute sur cette période. Mais les situations restent très différentes : certaines maintiennent ou augmentent leurs revenus distribués, tandis que d’autres les réduisent. Les conditions de revente restent également un sujet de vigilance.
Un revenu distribué n’est pas une performance totale. Une SCPI peut verser des revenus alors que le prix de sa part diminue. Le résultat dépend des deux éléments, ainsi que des frais et de votre fiscalité.
L’évolution des taux peut peser sur la valorisation des immeubles et le coût de leur financement. À l’inverse, des prix d’acquisition plus bas peuvent créer des possibilités pour les fonds disposant de capitaux à investir.
Un bonus sur le fonds en euros, à quelles conditions ?
Certains assureurs proposent un supplément de rendement sur le fonds en euros selon la part d’épargne investie en unités de compte.
Chez CBG Assur, un contrat d’assurance-vie Abeille peut par exemple permettre de bénéficier d’un bonus de 1,50 point lorsque la part d’unités de compte est inférieure à 30 %, et de 2 points à partir de 30 %. Ces bonifications sont soumises aux conditions de l’offre : contrat concerné, versements éligibles, durée et répartition de l’épargne.
Le bonus concerne uniquement la poche en euros. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital : leur baisse peut dépasser le supplément de rendement obtenu.
PER : préparer la fin d’année sans se précipiter
La rentrée est le bon moment pour vérifier votre plafond de déduction et votre capacité d’épargne. Un versement sur un PER peut réduire votre revenu imposable, dans les limites applicables. L’intérêt dépend de votre fiscalité actuelle et de celle à la sortie.
Un point à connaître en 2026 : les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles. L’épargne reste par ailleurs en principe bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage prévus par la loi.
Une échéance à anticiper pour aider un proche à se loger
Le dispositif temporaire de dons familiaux pour certains projets de logement est ouvert jusqu’au 31 décembre 2026. Sous conditions, l’exonération peut atteindre 100 000 € par donateur à un même bénéficiaire, dans une limite totale de 300 000 € pour ce bénéficiaire.
Il concerne notamment l’achat d’un logement neuf ou en VEFA et certains travaux de rénovation énergétique. L’argent doit être utilisé au plus tard le dernier jour du sixième mois suivant le versement. Des conditions d’occupation ou de location pendant cinq ans, de déclaration et de justificatifs s’appliquent.
Préparer ses projets sans anticiper une loi encore incertaine
Les annonces de septembre sur les transmissions familiales se prolongent dans le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre. Il comporte notamment des propositions relatives aux donations, à l’assurance-vie et à l’imposition des revenus.
À ce stade, un projet de loi ne crée pas un droit acquis. Les dispositions peuvent être modifiées pendant les débats parlementaires ; leur portée dépendra du texte finalement adopté et de ses dates d’application.
Pour une donation, un retrait ou une opération patrimoniale importante, une annonce ne suffit donc pas à fixer le calendrier. Il faut mettre en balance les règles déjà applicables, les besoins de votre famille et les éventuelles évolutions.
Faisons le point avant la fin de l’année
Votre épargne est-elle suffisamment diversifiée ? Vos projets proches sont-ils sécurisés ? Vos choix de retraite et de transmission sont-ils à jour ?
Nous suivons votre allocation et vous proposons les ajustements utiles selon l’évolution des marchés et de vos besoins. Vous conservez la maîtrise de vos décisions.
Échanger sur votre projetCéline Guillet & Benoît Gaudry
Sources et repères
- Insee — Inflation de septembre 2026, estimation provisoire du 30 septembre.
- Scope Ratings — Décision sur la note de la France, 18 septembre 2026.
- Agence France Trésor — Calendrier et notations de la France.
- ASPIM / IEIF — Collecte et performance des fonds immobiliers au premier semestre 2026, publication du 5 août.
- Assemblée nationale — Projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026.
- BCE — Décisions de politique monétaire, 10 septembre 2026.
- Réserve fédérale — Communiqué du 16 septembre 2026.
- Amundi — Global Investment Views, septembre 2026.
- France Assureurs — Données à fin août 2026, publication du 1er octobre.
- Service Public — Nouvelles règles fiscales du PER en 2026.
- Service Public — Droits de donation et principales exonérations.
Informations vérifiées au 6 octobre 2026. Les conseils présentés doivent être adaptés à votre situation. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les conditions et l’éligibilité aux bonifications Abeille doivent être confirmées dans la documentation contractuelle de l’offre.