
Octobre illustre une réalité parfois déroutante : une économie fragile peut cohabiter avec des entreprises solides et des marchés résistants. Les résultats des sociétés soutiennent les actions, tandis que l’énergie, l’inflation et les besoins de financement des États entretiennent la pression sur les taux.
Pour votre patrimoine, deux priorités se dessinent : vérifier les risques réellement présents dans vos placements et préparer les décisions de fin d’année avec suffisamment d’avance.
Le mois en 5 points
- France : l’inflation accélère et l’activité recule légèrement au troisième trimestre.
- Monde : les résultats des entreprises et l’IA soutiennent les perspectives, avec des risques de concentration.
- Taux : la Fed et la BCE marquent une pause ; la dette française reste sous surveillance.
- Transmission : le dispositif temporaire de dons pour le logement arrive à échéance le 31 décembre.
- Retraite : les versements complémentaires sur le PER se préparent dès novembre.
Les chiffres à retenir
Les chiffres ne concernent pas tous la même période. Les taux de marché et taux directeurs ne sont pas des rendements de contrats d’épargne.
Énergie : les conséquences dépassent le pétrole
Dans son commentaire du 26 octobre, BlackRock attire l’attention sur les capacités de raffinage, les contraintes de transport et les coûts d’acheminement. Même si l’approvisionnement en brut s’améliore, ces difficultés peuvent maintenir des carburants chers et peser sur les marges des entreprises. [5]
Notre lecture CBG Assur : les effets diffèrent selon les secteurs. Certaines entreprises bénéficient des besoins d’infrastructures et de sécurité énergétique ; d’autres subissent une hausse de leurs coûts. Nous privilégions la capacité à préserver les marges et à financer la croissance.
Actions : les gérants restent investis, avec des nuances
Pictet conserve une surpondération des actions dans son baromètre d’octobre, soutenue par les bénéfices attendus. La société privilégie notamment les émergents et l’informatique. Ce scénario dépend de la réalisation des résultats anticipés. [6]
Amundi adopte une orientation modérément favorable au risque, en insistant sur la diversification géographique et la solidité des bilans. Ofi Invest AM souligne que le coût du capital devient décisif pour les choix d’investissement. [7] [8]
Notre lecture CBG Assur : conserver des actions peut rester cohérent pour une épargne de long terme. Mais un fonds monde, un fonds américain et un fonds technologique peuvent partager les mêmes positions. Nous souhaitons examiner l’exposition globale avant de renforcer, puis rechercher des moteurs de performance complémentaires.
Intelligence artificielle : qui finance les investissements ?
DNCA Finance souligne, dans sa lettre du 9 octobre, le recours croissant des acteurs technologiques aux marchés obligataires. Le risque lié à l’IA peut ainsi se retrouver à la fois dans les fonds actions et dans les fonds de crédit. [9]
Notre lecture CBG Assur : une technologie prometteuse ne justifie pas tous les prix. Nous distinguons les entreprises qui investissent massivement de celles qui transforment déjà la demande en bénéfices et en trésorerie. Des achats échelonnés peuvent répartir les points d’entrée, sans supprimer le risque de perte.
Obligations : retrouver du rendement, sélectionner les risques
Rothschild & Co Asset Management décrit dans sa stratégie du 15 octobre un environnement marqué par les tensions énergétiques et la révision des anticipations de taux. Carmignac considère que la correction a amélioré l’intérêt des obligations de bonne qualité et met en avant la sélection des emprunteurs. [10] [11]
La situation française appelle une attention particulière : au 23 octobre, Ofi relève un taux français à dix ans de 5,02 %, contre 4,81 % une semaine auparavant, alors que les taux allemands et américains ont reculé. [4]
Notre lecture CBG Assur : nous examinons la solidité des emprunteurs, la sensibilité aux taux, les échéances et les frais avant le rendement affiché. Un fonds à échéance ne garantit ni le capital ni le rendement. Pour les fonds en euros, de meilleurs taux de réinvestissement ne se transmettent pas immédiatement au taux servi.
Notre cap pour les prochains mois
| À surveiller | Pourquoi cela compte |
|---|---|
| Résultats et investissements des entreprises | Vérifier que les bénéfices et la trésorerie suivent les attentes, notamment dans l’IA. |
| Inflation, énergie et taux | Une pause des banques centrales ne garantit pas une baisse prochaine. |
| Élections américaines de mi-mandat et débats budgétaires français | Des mouvements sectoriels, géographiques ou de taux peuvent accompagner les annonces. |
Rester investis avec discernement
Diversifier les moteurs de performance, contrôler les concentrations et sécuriser les capitaux nécessaires aux projets proches : voilà notre priorité. Les arbitrages s’apprécient contrat par contrat, selon votre horizon et votre capacité à supporter les fluctuations.
Donation pour le logement : une échéance à préparer
Le dispositif temporaire vise certains dons d’argent pour l’acquisition d’un logement neuf ou en VEFA, ou des travaux de rénovation énergétique éligibles. L’exonération peut atteindre 100 000 € par donateur à un même bénéficiaire, dans une limite de 300 000 € par bénéficiaire. Il concerne certains liens familiaux et les sommes versées jusqu’au 31 décembre 2026. [12]
Les fonds doivent être utilisés au plus tard le dernier jour du sixième mois suivant le versement. Des conditions d’occupation pendant cinq ans s’appliquent selon l’opération. L’achat d’un logement ancien sans travaux éligibles ne suffit pas à ouvrir ce droit.
Notre conseil : ce rappel est une échéance de fin d’année, pas une mesure créée en octobre. Vérifions le projet, les formalités et les sommes que vous pouvez transmettre sans fragiliser votre sécurité financière, en lien avec le notaire.
Donation classique : distinguer les abattements
Chaque parent peut donner à chaque enfant 100 000 € tous les quinze ans, sous réserve des donations déjà réalisées. Cet abattement répond à des règles différentes du dispositif temporaire pour le logement ; les possibilités de cumul s’étudient selon votre situation. [12]
Notre conseil : réunir les dates, montants et bénéficiaires des dons précédents. Il faut également examiner l’équilibre entre les enfants et les conséquences civiles de l’opération avec le notaire.
Succession : votre clause bénéficiaire est-elle à jour ?
Mariage, séparation, naissance ou décès d’un proche : ces événements peuvent rendre une ancienne clause inadaptée. Pour les contrats récents, les principaux repères sont les suivants. [13]
| Versements | Repère fiscal au décès |
|---|---|
| Avant 70 ans | Abattement de 152 500 € par bénéficiaire, sous les conditions du régime applicable. |
| Après 70 ans | Abattement global de 30 500 € sur les primes concernées, partagé entre bénéficiaires imposables ; les gains correspondants sont en principe exclus des droits de succession. |
Les dates du contrat et des versements, ainsi que la qualité du bénéficiaire, peuvent modifier le traitement. Le conjoint et le partenaire de Pacs sont notamment exonérés.
Notre conseil : vérifier qui recevra les capitaux et dans quelles proportions. Les règles civiles et fiscales doivent être examinées ensemble. Les propositions et amendements budgétaires ne doivent pas être confondus avec les règles effectivement applicables.
PER individuel : préparer le versement utile
Les versements volontaires déductibles réalisés en 2026 peuvent réduire le revenu imposable de 2026, dans la limite du plafond disponible. L’avantage à l’entrée doit être rapproché de la fiscalité à la sortie et de l’indisponibilité de principe jusqu’à la retraite, sauf cas légaux de déblocage. [14]
| Versement déductible | Tranche d’imposition | Économie indicative |
|---|---|---|
| 5 000 € | 30 % | 1 500 € |
| 5 000 € | 41 % | 2 050 € |
Hypothèse : toute la déduction s’impute dans la tranche indiquée. Calcul hors effets particuliers, sans prise en compte de l’impôt futur à la sortie.
Notre conseil : apportez votre avis d’impôt, une estimation des revenus 2026 et le détail des cotisations déjà versées. Nous intégrerons les versements programmés à venir, votre besoin de trésorerie et les dates limites de traitement. Pour un indépendant, le plafond professionnel nécessite un calcul spécifique. L’objectif n’est pas de remplir systématiquement toute l’enveloppe fiscale.
Votre bilan de fin d’année avec CBG Assur
Votre allocation reste-t-elle adaptée ? Votre plafond PER est-il correctement utilisé ? Votre transmission correspond-elle à vos souhaits ?
Préparer mon bilan avec CBG AssurCéline Guillet & Benoît Gaudry
CBG Assur · Sainte-Luce-sur-Loire